Show Menu

Duos des Métiers

Je pense à Jacques Rancière.

J’ai appris la musique avec mon grand père au tout début, en faisant du jardinage, musique et terre ont pris la même place dans les champs de mon souvenir. Et depuis je vis cette concomitance comme une évidence. Tout y est : l’effort et le fruit de l’effort, les ampoules aux mains (je suis contrebassiste…), la maturation des choses dans un temps qui n’obéit qu’à ses lois, une pluie fine arrose l’arpent de terre mais quand germera la semence ?, on ne le sait pas précisément, comme une maturation, c’est la part créative qui échappe, « une pièce de théâtre est une pièce d’or dont on n’a jamais fini de rendre la monnaie » disait Louis Jouvet.

Duos des Métiers

Je n’ai de cesse de creuser les sillons de cette parabole, comme une carte au trésor, trouver ce qui est enfouis derrière les mots : Le métier, le travail c’est le labeur, labour en anglais, lavore en italien, le labeur c’est le labour, labourer, c’est la source, l’acte de labourer c’est retourner la terre pour faire remonter à la surface les couches inférieures, n’est-ce pas une des fonctions de l’art de faire émerger ce qui est enfouis ce que l’on ne voit pas au premier regard ?

Duos des Métiers

Duos des Métiers

Là je me cultive dans tous les sens du terme et cette culture est le terreau de ces représentations que sont les œuvres issues d’une habileté d’un geste d’un art.

La vie à travers la terre est création, la musique, elle aussi, a besoin de temps pour se déployer, on la pétri, on la mature, elle nous fait des ampoules, et puis elle surgit, elle devient sens à travers un faisceau d’actes « travaillés ».

Je suis de cette même famine : qui aime se mettre à l’ouvrage.

Duos des Métiers

La terre nourrie les mains elle se prête à tous les gestes, les fruits qu’elle donnera se payent en sueur, elle récompense le travail, lui donne un sens essentiel et elle préserve le mystère, le devenir perpétuel.

CC09052017-_DSC9246

CC09052017-_DSC9444

La musique est présente dans le paysage, le monde est musique, elle passe et disparait, dans le geste du métier tout est rythme. Elle se faufile dans la matière, elle est un songe de terre et de vent.

Nicolas Bianco

Opéra de Lyon ville de Vénissieux 2017 ©Charpenel

 

Partage du sensible

Duo entre des jardiniers et un quintette à vents

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s